Imaginez...
L'effervescence de Times Square.
Les cris, les rires, la musique.
Les odeurs de pop-corn, de hot-dog, de fumée.
Les néons, les écrans géants, les enseignes lumineuses sur les façades des gratte-ciel.
Les embouteillages, les taxis, les sirènes de police et les coup de klaxon.
Et puis la foule qui ecrase et qui bouscule, un paquet indénombrable de touristes, de vendeurs à la sauvette et de pickpockets.
Vous êtes l'un des grains de sable de cette foule.
Elle est l'un des grains de sable de cette foule.
Elle a 18 ans.
Elle ne vit pas à New-York mais le rêve continu quand même.
Sur le trottoir, à deux mètre devant elle, déambulent sa famille. Sa mère, petite aux cheveux légèrement roux, son père méditerranéen ( paraît-il ), aux yeux bleus, et ses trois plus petits frères.
Des parents prêts à tout pour rendre heureux leurs enfants malgré les difficultés qu'ils peuvent parfois rencontrer. Elle rêve depuis toute petite de partir à l'étranger. Elle c'est éprise de la langue anglaise, et rêverait travailler dans un grand hôpital à Los Angeles. De ces tous petits 1m57, elle voudrait changer le monde & rendre tous les enfants heureux.
Très soucieuse pour son futur et ayant peu confiance en elle, elle se retrouve bien souvent seule, face à un milliards de questions sans réponses [ Nous devons nous y habituer : aux plus importantes croisées des chemins de notre vie, il n'y a pas de signalisation _Ernest Hemingway_].
Un peu étourdie et distraite, elle se laisse porter par la foule, la tête en l'air hypnotisée par les lumières.
A ce moment présent où est-elle ?
Pas très loin, à environ 9000 km d'ici. Elle est dans son école dans une toute autre vie. Elle regarde par la fenêtre les plaines et les forêts profondes sous la pluie et attend patiemment la sonnerie qui lui permettra de courir, jeter son sac d'un vert ancien sur la banquette de sa vieille voiture,avant de rentrer chez elle retrouver sa famille qui ferait partie de sa toute autre vie. Avalant un grand verre d'eau elle monterait ensuite sûrement dans sa toute autre chambre, les yeux rivés sur la fenêtre regardant la pluie tomber dans sa petite rue calme, s'imaginant la vie qu'elle aurait pu avoir, ailleurs. . .
C'est un cercle vicieux, t'façon on est jamais, jamais content de ce qu'on a. Et pourquoi ce serait toujours mieux ailleurs ?

